IRM, scanner ou radiographie : quel examen pour une douleur du membre inférieur ?
03 mars 2026
Pourquoi réaliser un examen d’imagerie ?
L’imagerie médicale permet de :
- préciser l’origine de la douleur
- confirmer ou éliminer certaines pathologies
- orienter la prise en charge, qu’elle soit médicale ou chirurgicale
L’examen d’imagerie ne remplace jamais l’examen clinique : il vient le compléter.
À quoi sert une radiographie ?
La radiographie (radio) permet d’analyser :
- les os
- l’alignement articulaire
- l’espace entre les surfaces articulaires
Un avantage majeur de la radiographie est qu’elle peut être réalisée en charge, c’est-à-dire en position debout, avec l’appui du poids du corps.
Les clichés en charge permettent :
- d’évaluer l’axe du membre inférieur
- d’apprécier réellement le pincement articulaire
- d’analyser les déformations (varus, valgus, affaissement)
- de mieux comprendre certaines douleurs mécaniques
La radiographie est rapide, accessible et peu irradiante.
Les radiographies peuvent être utiles en cas de :
- douleur mécanique chronique
- suspicion d’arthrose
- traumatisme avec suspicion de fracture
- bilan initial de hanche, genou, cheville ou pied
Les radiographies en charge sont souvent indispensables, notamment pour le genou et la cheville.
Les radiographies ne visualisent pas directement les ligaments, les tendons ou le cartilage, et peuvent être normale malgré une douleur réelle.
À quoi sert une IRM ?
L’IRM permet une analyse fine des :
- ligaments
- tendons
- muscles
- cartilage
- ménisques
- os (œdème, fissures)
Elle n’utilise pas de rayons X.
L'IRM peut être utile en cas de :
- douleur persistante avec radiographie normale
- suspicion de lésion ligamentaire ou méniscale
- douleur post-traumatique sans fracture visible
- instabilité articulaire
- douleur chronique inexpliquée
L’IRM est souvent l’examen de référence pour les douleurs non osseuses.
La réalisation d'une IRM est plus longue, et parfois anxiogène. Certaines anomalies détectées par l'IRM peut parfois ne pas être en rapport avec les symptômes du patient (importance de l’interprétation clinique).
Non.
Contrairement à une idée répandue, l’IRM n’est pas systématiquement nécessaire.
Un examen mal indiqué ou trop précoce peut :
- montrer des anomalies sans lien avec la douleur
- inquiéter inutilement
- retarder la prise en charge adaptée
- ne pas être interprétable en cas de traumatisme récent
Le bon examen est celui qui répond à une question clinique précise.
À quoi sert un scanner ?
Le scanner (tomodensitométrie) permet une analyse très précise :
- de l’os
- des fractures complexes
- de certaines anomalies articulaires
Il utilise des rayons X, avec une irradiation maîtrisée.
Le scanner joue également un rôle majeur dans le bilan préopératoire, notamment dans le cadre de la planification 3D des prothèses articulaires.
Grâce aux reconstructions tridimensionnelles, il permet :
- une analyse détaillée de l’anatomie osseuse
- une planification personnalisée des implants
- une optimisation du positionnement prothétique
- une meilleure anticipation des contraintes anatomiques
Cette planification 3D est utilisée pour certaines chirurgies prothétiques, en particulier au niveau de la hanche, du genou ou de la cheville.
La réalisation d'un scanner peut être utile en cas de :
- fractures complexes ou mal visibles à la radiographie
- douleurs osseuses spécifiques
- bilan préopératoire
- planification 3D des prothèses
- zones anatomiques complexes (cheville et pied)
Le scanner est un examen utilisant des rayons X : même si elle est limitée, il y a une exposition à des radiations.
Le scanner est moins performant que l’IRM pour l’analyse des tissus mous.
Quels examens réaliser selon la localisation de la douleur ?
- première intention : radiographie
- douleur persistante ou atypique : IRM
- bilan osseux précis ou préopératoire : scanner
- douleur mécanique : radiographie en charge
- suspicion ligamentaire ou méniscale : IRM
- bilan osseux ou planification chirurgicale : scanner
- traumatisme : radiographie
- entorse grave ou douleur persistante : IRM
- fractures complexes ou bilan préopératoire : scanner
- douleur chronique : radiographie
- pathologies ligamentaires ou tendineuses : IRM
- fractures fines, avant-pied ou planification : scanner
À retenir
- La radiographie est souvent l’examen de première intention
- Les clichés en charge apportent une information essentielle
- L’IRM explore les ligaments, tendons et le cartilage
- Le scanner analyse l’os avec précision et permet la planification 3D des prothèses
- Le choix de l’imagerie dépend du contexte clinique
- L’imagerie complète l’examen médical, elle ne le remplace pas