Pourquoi ma cheville se tord elle souvent ?

18 juin 2026

Pourquoi les entorses récidivent-elles ?

Lors d'une entorse, les ligaments situés sur le côté externe de la cheville sont étirés ou rompus.

Les plus fréquemment touchés sont :

  • le ligament talo-fibulaire antérieur (LTFA)
  • le ligament calcanéo-fibulaire (LCF)

Après la blessure, la cicatrisation ligamentaire peut être incomplète.

La cheville perd alors une partie de sa stabilité naturelle, et peut se tordre sur des mécanismes bénins.

On parle d'instabilité chronique lorsque la cheville continue à se dérober plusieurs mois après une entorse.

Cette situation peut entraîner :

  • des entorses répétées
  • une appréhension lors des activités sportives
  • une sensation d'insécurité à la marche
  • une difficulté sur les terrains irréguliers

L'instabilité peut apparaître même après une entorse initialement considérée comme bénigne.

Les patients décrivent souvent :

  • une cheville qui "part toute seule"
  • une sensation de dérobement
  • des entorses à répétition
  • des douleurs persistantes
  • un gonflement récurrent

Certaines personnes limitent progressivement leurs activités sportives par peur d'une nouvelle entorse.

Plusieurs facteurs favorisent les récidives :

  1. Une cicatrisation ligamentaire insuffisante : Les ligaments peuvent cicatriser de manière allongée ou insuffisamment solide.
  2. Un déficit de proprioception : Après une entorse, les capteurs responsables de l'équilibre et de la perception de la position du pied peuvent être perturbés. C’est pour cette raison que la rééducation est primordiale dès la première entorse. La cheville réagit alors moins rapidement lors des mouvements brusques.
  3. Une reprise sportive trop rapide : Une reprise précoce du sport, avant d’avoir terminé la rééducation, augmente le risque de nouvelle entorse.
  4. Une hyperlaxité : Certaines personnes présentent naturellement des ligaments plus souples, et sont plus à risque de développer une instabilité chronique après une première entorse.
  5. Des anomalies anatomiques : Certaines morphologies du pied ou de la cheville peuvent favoriser l'instabilité, comme par exemple un pied creux.

L'examen clinique est essentiel. Il sera complété par une IRM. Cette dernière s’attardera à rechercher :

  • Des ruptures ligamentaires étendues : l’instabilité survient classiquement après rupture du ligament talo fibulaire antérieur et calcanéo fibulaire
  • Des lésions associées au niveau du cartilage ou de la syndesmose

Oui, dans de nombreux cas.

Le traitement repose principalement sur :

  • la rééducation proprioceptive
  • le renforcement musculaire
  • le travail de l'équilibre
  • la reprise progressive des activités sportives

Une rééducation bien conduite permet souvent de diminuer significativement le risque de récidive.

La chirurgie peut être proposée lorsque :

  • les entorses se répètent malgré une rééducation adaptée
  • l'instabilité persiste depuis plusieurs mois
  • les douleurs persistent
  • la cheville continue à se dérober régulièrement
  • les activités sportives sont limitées

La décision repose avant tout sur la gêne ressentie par le patient

En l’absence d’intervention, l’instabilité devient handicapante à la pratique sportive, dans la vie quotidienne, sur terrain irrégulier ou dans les escaliers. Elle peut être responsable d’entorses à répétition, situation qui n’est pas confortable. 

Sur le long terme, l’instabilité de cheville abouti à l’usure du cartilage de l’articulation : l’arthrose. Cette dernière sera responsable de douleurs chroniques handicapantes et d'une perte de mobilité de l'articulation.

L'objectif est de restaurer la stabilité de la cheville en reconstruisant les ligaments latéraux de la cheville. Cette dernière est réalisée sous arthroscopie.

Une reconstruction utilisant un ischio jambier peut être réalisée afin de recréer les principaux ligaments stabilisateurs, à savoir le ligament talo-fibulaire antérieur (LTFA) et le ligament calcanéo-fibulaire (LCF).

Cette intervention permet généralement de retrouver une cheville plus stable et de reprendre les activités sportives dans de bonnes conditions.

Pour en savoir plus sur l'intervention

Après une période de cicatrisation et de rééducation, la majorité des patients retrouvent leurs activités sportives, entre 3 à 6 mois selon les sports.

Le délai dépend du sport pratiqué et de l'évolution individuelle.

Foire aux questions

Oui. Certaines entorses importantes peuvent entraîner une laxité ligamentaire persistante, et donc une instabilité dès le premier épisode.

Non. L'examen clinique reste l'élément principal du diagnostic.

Une IRM n'est que très rarement indiquée juste après le traumatisme.

Non. Elle aura un effet délétère sur le long terme.

À retenir

  • Une entorse augmente le risque de récidive.
  • Une sensation de cheville qui lâche peut traduire une instabilité chronique.
  • La rééducation proprioceptive est essentielle.
  • Une chirurgie peut être proposée lorsque l'instabilité persiste malgré un traitement bien conduit.
  • L'objectif est de retrouver une cheville stable et de reprendre les activités en toute confiance.